Association Between Emergency Medical Service Response Time and Motor Vehicle Crash Mortality in the United States – Byrne – JAMA Surg 2019

 

Le temps de réponse des services médicaux d’urgence (EMS) lors d’AVP est un facteur modifiable pouvant potentiellement influer sur la survie des patients traumatisés. La relation entre le temps de réponse EMS et la mortalité lors d’AVP est inconnue.

L’objectif de l’étude est de mesurer l’association entre les temps de réponse EMS et la mortalité dans les 30 jours d’un AVP à l’échelle des comtés américains. Cette étude est basée sur 2268 comtés américains, représentant une population estimée à 239 464 121 personnes (75 % de la population des USA). Les temps médians de réponse (temps entre alerte et arrivée sur les lieux) étaient calculés pour chaque comté. Des facteurs tels que la densité de population, le niveau des traumas centers et leur proximité, le temps passé sur place et pour le transport, la législation routière, la disponibilité d’un hélicoptère étaient pris en compte pour l’ajustement. Les AVP impliquant des piétons ou d’autre véhicules que des VL étaient exclus.

 

Résultats :

Au cours de la période d’étude, 2 214 480 départs d’EMS pour AVP ont été inclus (médiane, 229 réponses par comté [plage interquartile (IQR), 73-697 réponses par comté]) dans 2268 comtés des États-Unis. Le temps de réponse médian était de 9 minutes (IQR, 7-11) minutes. Il existe une relation linéaire entre temps de réponse et mortalité. Des temps de réponse plus longs ont été associés de manière significative à des taux plus élevés de mortalité par AVP (³12 vs <7 minutes ; ratio du taux de mortalité : 1,46 ; IC à 95% : 1,32-1,61) après ajustement sur la ruralité, le temps sur place et de transport, de l’accès aux centres de traumatologie et les lois sur la sécurité routière. La mortalité attribuable à un temps de réponse prolongé (défini par la valeur médiane, ³ 10 minutes en zone rurale et ³ 7 minutes en zone urbaine) était responsable d’une augmentation de mortalité par AVP (fraction attribuable : zones rurales + 9,9% ; zones urbaines + 14,1%).

Il est intéressant de noter que ni la disponibilité d’un hélicoptère, ni le temps passé sur place, ni le temps de transport n’étaient significativement associé à la mortalité/survie après ajustement.

 

Discussion :

La conclusion des auteurs est que les temps de réponse EMS plus longs ont été associés à des taux plus élevés de mortalité par AVP. Une proportion importante de décès par AVP était liée à des temps de réponse prolongés.

Il est important de rappeler qu’il s’agit là de données moyennes générales au niveau d’un comté. Il n’est absolument pas possible d’individualiser à une intervention, un service ambulancier, un protocole de soin, un point géographique ou un type d’accident.

Le système de secours américain est très différent du nôtre, cependant la puissance colossale d’une telle étude (plus de 2 000 000 d’AVP) permet de dégager quelques grands messages :

Le temps d’arrivée du premier intervenant paramédical doit être très rapide (10 min en campagne, 7 min en ville). Un fois ce dernier sur place, l’effet du temps sur place et de temps de transport s’efface.

Ces résultats suggèrent que des efforts doivent être déployés pour être en capacité de projeter très rapidement sur le site un intervenant (para)médical. Le maillage territorial des ISP est intéressant dans cet objectif.