Qu’attendent les pompiers de la prochaine génération d’équipements de protection individuelle ? Résultats d’une enquête internationale

Référence: Industrial Health, paru en prépublication le 29 mai 2015 (article accepté le 14 mai 2015)

Le but de cette étude était d’estimer les caractéristiques requises pour la future génération « intelligentes » d’équipements de protection individuelle (EPI) pour les pompiers en Australie, en Corée, au Japon et aux Etats-Unis. Les réponses au questionnaire ont été fournies par 167 Australiens, 351 Japonais, 413 Coréens et 763 Nord-Américains (1611 hommes et 61 femmes). Les préférences concernant ces caractéristiques variaient en fonction des pays, avec 27% de Coréens et 30% de Nord-Américains qui ont identifié « un système de surveillance de l’emplacement » comme élément le plus important. D’autre part, 43% des pompiers japonais ont préféré « un système automatique de refroidissement corporel » tandis que 21% des pompiers australiens ont sélectionné à part égale le même équipement et « un système de communication sans fil ». A la demande de priorisation de ces éléments, les réponses obtenues parmi tous ces pays ont été similaires avec par ordre de priorité décroissante : « un système de surveillance de l’emplacement », « un système automatique de refroidissement corporel », « un système de communication sans fil » et « un système d’aide à la vision ». Les éléments les moins préférés ont été « un système automatisé de réchauffement corporel » et « un système d’enregistrement vocal ». Aucune corrélation apparente n’a pu être établie avec l’âge, le niveau d’expérience professionnelle, le genre ou les caractéristiques anthropométriques. Ces résultats ont des implications pour le développement de la prochaine génération d’EPI ainsi que pour la standardisation internationale d’EPI « intelligents ».

Commentaires : cet article rapporte les choix prioritaires exprimés par des pompiers non européens alors que les EPI (au moins vestimentaires) ont tendance à s’harmoniser dans notre profession. Du coup, on peut se demander pourquoi il existe des différences dans la priorisation en fonction des origines des réponses et il est vraisemblable que la solution tienne à la diversité des organisations de travail et des matériels employés. Il est par exemple probable que la priorité donnée par les pompiers japonais au « système automatique de refroidissement corporel » soit due à la fois à l’autonomie de leurs appareils respiratoires isolants (30 à 40 minutes) et à l’utilisation par certains services de vestes encore revêtues d’aluminium. Plus près de nous et en miroir de cette enquête internationale, il faut signaler le projet européen en cours (smart@fire / www.smartatfire.eu) auquel des sapeurs-pompiers français collaborent et au sujet duquel la SEMSP fera prochainement un point sur l’état d’avancement. En tout état de cause, si ces équipements sont réellement intégrés dans les futurs EPI, les apports ainsi obtenus sur la surveillance et les contraintes devront être intégrés dans une réflexion actualisée sur le suivi de la santé en service et le soutien sanitaire aux opérations.

(Traduction et commentaires : médecin hors classe Thierry DULION / thierry.dulion@semsp.eu)

 Vous pouvez lire l’article en cliquant ici